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jeudi 23 août 2012

Sur le sable des heures



I

Vous m'aviez promis 
La lune de l'étang bleu
Le vent l'emporta

II
Devant le miroir
Tu ne vois que le reflet
Tu es dans tes yeux

III
Sous le crucifix
Ta prière est sans mérite
Porte aussi la Croix

IV
Chasse de ton cœur 
Les souvenirs du soleil
Quand survient la nuit

V
Le calme est écueil
Ou se brisent les tempêtes
Sois le havre sûr

VI
Tes amis sont là
Dans le sourire de l'âme
Ecoute leur voix

VII
Le Royaume appelle
Et tu donnes le poème
En réponse à Dieu

VIII
Celui Qui viendra
Connaît jusques aux prénoms
De mon désespoir

IX
L'attente est rêveuse
Dans le linceul étroit 
Des heures sans but

X
Demain dans le jour
Quelques gouttes de la pluie
Songeront ce soir

Claude Lopez-Ginisty
+
Photo: 
Alpes qui se rêvent Fuji Yama 

vendredi 15 juillet 2011

Retour



Au mitan de ma vie
je suis revenu les mains vides
abandonné et oublié
et ils m'ont seulement donné le temps
de confesser que j'étais heureux

ils m'ont jugé selon leurs critères
pardonnant les erreurs
et ignorant mes péchés

j'ai ri d'eux
car je ne savais pas
si j'étais de retour
ou si l'antique cauchemar
avait saisi à nouveau
ma pauvre âme dolente
dans les pièges sanglants
de leur fausse compassion

Claude Lopez-Ginisty

mercredi 13 juillet 2011

簡潔さ / Brièveté



Comme le filet d'eau
d'une source cachée
des vies s'écoulent secrètement
que le monde ignore

et si ce n'était
un soleil de mai timide
rien ne paraîtrait
de ces âmes légères
en éclats ténus 
de lumière soudain

lucioles en plein jour
qui s'éteignent aussitôt
et retournent au paysage

Claude Lopez-Ginisty

mardi 12 juillet 2011

ビジョン / Vision



Ils éloignent leurs âmes en chantant
dans d'étranges pays
tandis qu'ils rentrent chez eux
lourdement chargés des souvenirs
d'inoubliables rencontres

L'amour suppose plus de soupirs
que leur cœur ne peut le permettre
et les espoirs sont légers mais bas
dans ce monde réel

Il m'a fallu des années
pour mépriser le temps
et ses insondables gouffres
et seulement une seconde
pour réaliser que l'éternité
était l'âme de chaque instant

Claude Lopez-Ginisty

lundi 27 juin 2011

ワルツ/ Valse


Comme un nuage
qui n'est ni ciel ni terre
et caresse la cime
des arbres qui le narguent

J'hésite
je descends vers l'azur
ou monte vers la glèbe
attaché aux beautés du monde
et assoiffé ardemment
de celles de l'au-delà

Neige qui redevient eau
puis air et vent
ou bien aussi simplement
onde qui féconde le sol
et fait jaillir les fleurs
et l'âme de leurs parfums
subtils et entêtants

Je suis en équilibre précaire
entre deux cimes
entre deux abîmes
et les jours succèdent aux nuits
souvent 
sans me donner le ton
qui dirigerait mon chant
dans la symphonie essentielle
du temps qui va vers l'Eternité.

Claude Lopez-Ginisty



samedi 18 juin 2011

Nuit / 夜間


Le silence s'installe
écho muet du jour
où le cœur soudain
retrouve son âme
de paix orante

Claude Lopez-Ginisty


lundi 6 juin 2011

雲 Nuages


Nuages
Qui filent légers
Comme des pensées
Et s'accrochent aux pics
Des questions sans réponses

Raisonnement
Orage
Intuitions
Eclairs

Pluie
Ombre humide
Pleurs
Devant la beauté du Verbe

Nuage
Brume qui se fond dans l'azur
Pensée
Qui devient chant

Claude Lopez-Ginisty



dimanche 5 juin 2011

沈黙 / Silence

沈黙

Il est plus éloquent 
Que les longs discours
Et les vaines palabres

Il parle à tes yeux
A ton cœur
Et à ton âme
Sans affectation

Tu peux le meubler
De tes pensées
Ou de tes espoirs

Insaisissable et transparent
Il ne fait que suggérer l'absence 
Et son vide abyssal
Est clameur et fracas
Pour qui entend
L'écho de ce qu'il suggère

J'ai posé le silence 
Sur mes lèvres fermées
Et l'on attend mon discours
Malgré ma désertion

Les mots s'estompent
Le paysage est lent
Et il repousse doucement 
De toutes ses tourterelles
Le pinceau du poème

Claude Lopez-Ginisty

samedi 4 juin 2011

ページ/しわ/ Pages-rides


Les rides doucement
M'ont paginé
On peut lire ma vie
A visage ouvert

Les strates de soleil
De vent et de pluie
Ont laissé leurs sillons
Sur les traits de mon front

Je ne sais plus vraiment
Voir clairement le passé
Il me semble que certains plis
Sont plus sourires que cicatrices 
Si je fais l'effort dérisoire
De les envisager dans leur vérité

Ce n'est jamais l'arbre
Qui cache la forêt
C'est le bruissement des feuilles
Sous le vent doux et calme
Qui raconte la lisière

C'est la langue rêche des branches
Qui évoque soudain
Les sous-bois rêveurs

L'âme légère et bleue 
Des troncs devenus bûches
Monte comme en novembre
De l'âtre vers le Ciel

Et le présent est cendres à venir
La neige tombe sur mes tempes

Claude Lopez-Ginisty




lundi 30 mai 2011

破滅 / Ruine


Il ne reste que les murs du château
Le vent s'y engouffre avec délice
Les hiboux le hantent la nuit
Et parfois on croit entendre
Un frôlement du passé
Dans l'espace muet et froid

C'est le temps qui grince
Et se délabre dans le silence
Tandis que l'imagination
S'accrochent aux vieilles pierres
Pour imaginer la splendeur d'antan

Le seul soleil reste éternellement
Présent dans le ciel
Sempiternel œil cyclopéen
Que les larmes de la pluie
Ne chassent qu'un temps 
Avant le miracle ineffable
De l'arc-en-ciel

Claude Lopez-Ginisty

mardi 24 mai 2011

花の磁気/ Hésitation des fleurs


Hiver automne été
les arbres hésitent
Dont les fleurs
Et les branches
Et les feuilles
Ne savent plus
Quelles couleurs
Revêtir

Et l'humeur est fantasque
Mélancolie oiseuse
Et nostalgie de neige
Ou attente de l'or estival
L'esprit bourgeonne
Fleur ou fruit
Ou branche morte

Et le matin vient y accrocher
Doucement heureusement
Une toile d'araignée
Qui offre ses perles minuscules
A la rêverie

Claude Lopez-Ginisty

dimanche 22 mai 2011

花が不必要に美しいです


Les fleurs sont inutilement belles
Délicieusement inutiles
Dans le dédale sanglant du monde
Qui poursuit sa descente aux enfers
Et tente d'effacer 
Toute trace de beauté

Ton âme est un jardin
Qu'irise la rosée
Une roseraie d'églantines
Qui rosit le matin
Et neige sur l'herbe du soir
De son sang floral

Parfums fragrances et senteurs
Comme autant d'esprits
Se disputent l'air
Et l'habillent suavement
D'un habit subtil
Qui repousse l'oubli

Ne m'oubliez pas
Dit le myosotis
Au soleil de l'hélianthe
Mais la lune paraît 
Blafarde et si pâle
Que les grillons grésillants
Cessent tous leurs violons

Claude Lopez-Ginisty






samedi 21 mai 2011

スプリンググリーン/ Printemps vert


Pays sage
Simple et doux
Avec ce qu'il faut d'azur
Et de nuages
Pour étoffer les rêves

Les arbres s'élancent
Mains vertes vers le ciel
Les collines moutonnent
Poitrine vernale
Emplie de fleurs

Personne ne gâche
Ce paysage
Avant-garde de l'été
Qui avance sûrement

Claude Lopez-Ginisty

mercredi 18 mai 2011

春の夜 (Haru no yoru/Nuit de Printemps)


Le peigne du vent
a décoiffé les cerisiers
de leur neige florale

La corneille est passée
Dans la mer du ciel
Où le dernier discours du soleil
Narre avec nonchalance
Des chemins de lumière ténue
Qui s'estompent comme la brume

C'est le point du soir
Où le printemps vagabonde
Rassemblant les cliquetis nets
De ses troupeaux de criquets
Avant que la nuit ne jette l'ancre noire
Sur le paysage englouti
Dans l'eau des ténèbres

Claude Lopez-Ginisty

jeudi 18 septembre 2008

Page


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Je cherchais la feuille idéale
Pour écrire ce lièvre bleu
Dans l'éclat gris de la nuit

Tout traverse mon esprit
Et l'orage des mots
Ne sera pas endigué
Par la moiteur de l'arc-en-ciel

O l'équidistance de terre et lune
Ce mouvement jeune et vif
De l'arbre endormi dans les nuages
Qui sursaute sous la bise

Je sais que le cadavre de ma vie est là
Et pour chanter
Je creuse à pleins regards
Le reflet blafard de mes yeux
Dans un miroir froid comme la glace

Je deviens le seul à pouvoir pleurer
Le chagrin de cette nuit

Le seul

Claude Lopez-Ginisty: Oraga Haru
Gif:  http://www.icone-gif.com/

mardi 2 septembre 2008

Accord


Le silence
Dans son simulacre de néant
Donne une plus juste perception des choses

Il replace à leurs justes valeurs
Les échos faussement révélateurs
Des mots sur nos consciences

Il ne suffit plus de dire pour croire
Il faut peut-être s'efforcer de jouer
Et si l'acte est mauvais
C'est que le théâtre ne fut jamais
Qu'un décor de mots vides
Dans un texte de meubles surannés

Le seul personnage véritable
Sera celui qui incarnera
Le point merveilleusement fixe de l'éternité
Au creux des instants fugitifs

Claude Lopez-Ginisty:  Oraga Haru
Photo: Nature Morte aux escargots d'argent ( auteur)

samedi 23 août 2008

Correspondance


La lettre exacte
N'est lue qu'au soir par l'ultime clarté
Elle ne parle plus en vain
Elle détient la place exacte des aveux tus
Un secret complice dans la moire de l'oubli

La main s'étonne de sa danse verbale
L'esprit transporte et magnifie l'écriture
Comme une fleur séchée
Qui voyagerait dans le temps
Délaissée dans un livre ancien et démodé

Jeune souvenir
Tu deviendras regrets et nostalgie

Un sourire efface déjà un chagrin
Aussi fragile qu'une tempête de lilas
Dans le soir calme où l'on rêve
Qu'un jour on ne rêvera plus

Claude Lopez-Ginisty: Oraga Haru
Photo: gravure de S. Ephrem le Syrien

jeudi 21 août 2008

Yeuses

La nuit murmure 
Les Lauriers roses essaiment une bénédiction xyloïde
A travers les étangs bordés de yeuses
Quand la lune consacre l'union de la terre et du ciel
Avec l'hostie pâle de la lune opalescente

Mais je ne chanterai plus les paysages du moi
Ils cachent trop ce qu'ils dérobent

Je serai Bashô face à l'étang
Sans même noter le chant de la grenouille
J'écrirai un haïku et un tanka sans artifices

Je prierai

Ce soir a la moisson d'étoiles
Qu'il mérite
Et la jachère de ténèbres
Dont je suis responsable

Claude Lopez-Ginisty: Oraga Haru
Photo: Procession nocturne orante ( auteur)

mercredi 20 août 2008

Phos


Il y aura la source du poème
Et les mots gris-bleu d'un prophète ancien
Et la chanson qui sera venue
Pour enchanter le silence désuet

O le fier cheval fougueux 
De la marée déferlante des ténèbres
J'écoute l'ombre des paroles
A travers la pénombre bruissante

Ce sera une nuit
Qui m'ajournera pour Ailleurs
Et m'ôtera ces heures jaunes du jour
En me biffant d'un signe de Croix vivifiant

Les agonies n'existent plus
Aux yeux de ceux qui vivent dans l'Eternité
Et la main qui ferme un regard
L'ouvre à l'intérieur 
Sur l'unité du silence d'Amour
Où s'aiment l'âme et le corps
Là ou le chant devient hymne

Claude Lopez-Ginisty: Oraga Haru
Photo: Cathédrale Russe de Vevey ( auteur)

lundi 18 août 2008

Hésychie/ Calme


I
La flamme d'une bougie
La fumée de l'encens
Le chœur du silence
II
Passe vite
Toi qui possèdes une lampe
Dehors la lune étincelle
III
Le monde est endormi
La maison est placide
Il fait nuit douce
IV
Mon esprit se fait vif
Sur l'étang les roseaux courbés
Deviennent flûtes
V
La tête vers la Montagne Sainte
Les yeux désillés par l'encens
Je dors dans le calme du Nom

Claude Lopez-Ginisty: Oraga Haru
Photo: Nuages au-dessus de la Sainte Montagne ( auteur)