lundi 15 février 2016

L'âme des pays sages



Douceur sans pareille
Le silence est océan
Où le soleil dort

Et le paysage
Enveloppé d'or
S'avance immobile

Le moindre brin d'herbe
Retient la terre sous lui
Et le val sommeille

C'est l'heure paisible
Où toute beauté obvie
Nous révèle Dieu

Passe ton chemin
Toi qui ne vois jamais rien
Pas même ton ombre

A trop ignorer 
Ce que tu crois inutile
Tu n'existes plus

Et le paysage
Suppose que tu es vain
Comme un vent d'été

Claude Lopez-Ginisty



mercredi 20 janvier 2016

Venise


Venise est un rêve
Qui surnage sur la terre
Et s'évade en mer

Claude Lopez-Ginisty

dimanche 10 janvier 2016

Symphonie


交響曲


Elle est si fragile
La musique de ce monde
Qui meurt en silence

Le Verbe demeure
Et sa mélodie du Ciel
Résonne à jamais

Claude Lopez-Ginisty

mercredi 25 novembre 2015

Nuit/ 夜/ Yoru



Le passant sans pas
Comme oublié par l'écho
Disparaît soudain

Aux cieux nus et noirs
Pas une étoile ne brille
Les ténèbres règnent

La lune est soleil
Figée dans sa morne mort
Au silence blême

Claude Lopez-Ginisty

mardi 24 novembre 2015

Fratrie féline


La fratrie féline
Complote un larcin subtil
Pour passer le temps

Un vol en cuisine
Fera hurler la maîtresse
Mais rire le maître

Larrons d'opérette
Ah si les crimes du monde
Ressemblaient aux vôtres

Doux petits brigands
De notre vie étriquée
Vous êtes la joie

Et nous pardonnons
Les moineaux sacrifiés
Les lézards sans queue

Car vous demeurez 
Souvent dans nos jours réglés
Des chasseurs d'ennui

Vous vous caressez à nous
Et nous croyons bêtement
Vous avoir domptés

Mais vous êtes libres
Et c'est vous qui avez mis
Notre cœur en cage

Claude Lopez-Ginisty

lundi 7 septembre 2015

Ânes/ ロバ / Roba/ 驢/ Lǘ

Francis Jammes


Prière pour aller au paradis avec les Ânes
Lorsqu'il faudra aller vers Vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller,
comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
J'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
Car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon-Dieu.
Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
Pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille
Chassez les mouches plates, les coups et les abeilles...

Que je vous apparaisse au milieu de ces bêtes
Que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
Doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds
D'une façon bien douce et qui vous fait pitié

Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je vous vienne,
Faites que dans la paix, des anges nous conduisent
Vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
Lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
Et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
Sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
Qui mireront leur humble et douce pauvreté
À la limpidité de l'amour éternel.

Francis Jammes
Le Deuil des Primevères (1901)


*
*****
*


Il avait raison
Le poète Francis Jammes
De louer les ânes

Comme ils sont paisibles
Humbles et doux ils cheminent
Ou dorment dans l'herbe

Parfois par surprise
Ils poussent un cri terrible
Qui pince le cœur

Avec notre Maître
Un de leurs petits entra
Dans Jérusalem

Et comme Francis
Nous pensons qu'il serait bon
Au soir de la vie

En leur compagnie
D'entrer sous leurs pas légers
Dans le Paradis

Claude Lopez-Ginisty




lundi 6 juillet 2015

φωτιά/Feu


火災


Vague de feu fluide
L'été incendie le jour
Et brûle la nuit.

Claude Lopez-Ginisty