vendredi 15 août 2008

Aïn Guesma


Si tu savais le goût du soir
Qui frissonne de jasmin et de menthe
La douceur de la nuit 
Qui bruisse de lents insectes
Et s'étend comme un noir burnous
Et le silence soudain
Qu'écorchaient les cigales et les criquets
Dans une moiteur suave

Si tu savais l'odeur de soleil et de bleu du matin
Et la caresse tendre du vent qui se lève
Sur les collines et les montagnes à l'horizon

Si tu savais la nostalgie
D'une langue et d'un accent
Et la symphonie des souks
Qui rivalisent de couleurs et de parfums

Si tu savais la douleur étouffée de l'exil
Que l'on masque dans les sourires
Et la peine lourde des années
Passées loin des racines

Tu comprendrais 
Peut-être

Claude Lopez-Ginisty: Biladi
Photo: J.-P. Gimenez, Aflou, Djebel Amour, 1958

3 commentaires:

ginkgo a dit…

l'exil . seuls ceux qui l'ont vécus peuvent comprendre....
les mots sont pauvres pour décrire cela
à un autre niveau, ne sommes-nous pas tous errants et attendant notre vraie "patrie" , soupirant après elle ?

Anonyme a dit…

Nous sommes tous les exilés d'un paradis perdu, même si nous ne nous en souvenons pas vraiment. Mais nous rêvons à la douce lumière qui illumine sns éblouir et console.

Lorraine a dit…

Pardon, je me suis trompée dans la case de signature. Je ne suis pas "anonyme"...